Jean MORIN
Président, Conseil départemental de la Manche
À l’occasion d’une nouvelle Rencontre Choiseul, organisée en partenariat avec Attitude Manche, l’Institut Choiseul a réuni décideurs publics et dirigeants autour d’un enjeu devenu central : la capacité des territoires à conjuguer réindustrialisation, transition énergétique et qualité de vie.
La Manche s’impose aujourd’hui comme l’un des terrains les plus révélateurs de ces transformations. Longtemps associée à son littoral et à son attractivité résidentielle, elle incarne désormais une équation territoriale plus ambitieuse : produire, décarboner, recruter et accueillir dans la durée.
Pour éclairer ces dynamiques, la rencontre a réuni :
À travers leurs trajectoires et leurs responsabilités, tous incarnent les transformations à l’œuvre dans le territoire, entre pilotage public, attractivité territoriale et montée en puissance industrielle.
La Manche change d’échelle.
Autour de Cherbourg-en-Cotentin, les activités liées à la défense, au nucléaire et aux énergies marines renouvelables structurent un appareil productif directement connecté aux enjeux de souveraineté nationale. À cette base industrielle s’ajoutent une filière agroalimentaire puissante, un tissu dense de PME industrielles et des savoir-faire patrimoniaux reconnus.
Ce qui distingue le territoire tient moins à la présence de ces filières qu’à leur articulation. La Manche ne juxtapose pas des secteurs d’activité : elle compose un système productif diversifié, capable d’absorber les cycles économiques et de soutenir une croissance durable.
L’une des spécificités du modèle manchois tient à la place qu’y occupe la qualité de vie.
Avec plus de 670 kilomètres de littoral, des villes à taille humaine et une accessibilité résidentielle encore préservée, le territoire offre un cadre de vie qui ne relève pas du simple argument d’image. Il constitue une condition concrète d’attractivité.
Cette réalité modifie en profondeur la manière de penser le développement territorial. L’attractivité ne se limite plus à attirer des entreprises ou des investissements. Elle repose sur la capacité à faire venir des actifs, mais surtout à leur permettre de s’installer, de se projeter et de rester.
La dynamique industrielle en cours transforme directement les besoins du territoire. L’augmentation attendue des recrutements dans les années à venir, notamment autour des grands projets énergétiques et industriels, place la question des compétences au premier plan, mais fait aussi émerger d’autres enjeux structurants : logement, mobilités, services de santé, scolarité ou encore accompagnement des familles.
Ces dimensions ne relèvent plus de l’arrière-plan. Elles conditionnent directement la capacité du territoire à soutenir sa trajectoire.
La Manche met ainsi en évidence une transformation plus profonde : l’attractivité ne relève plus d’une logique de promotion, mais d’une capacité à organiser un projet de territoire cohérent. Elle suppose d’aligner emploi, logement, services et mobilités dans une même trajectoire.
En ce sens, le territoire apparaît comme un véritable point de référence pour penser les équilibres à venir de la France productive, en articulant ambition industrielle, qualité de vie et soutenabilité territoriale.
Retrouvez les personnalités qui ont pris la parole lors de cette rencontre